Jeudi 22 mai 2008
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2008
18:00
Parce qu'elle est lettrée, Iris bénéficie, comme d'autres "par relations", de formations délocalisées. Elles se donnent soit au bord de la Mer Morte, soit
sur les rivage de la Rouge, et c'est là où nous avons passé ces jours derniers, à Eilat. Partis le samedi nous longeâmes la Palestine et la Jordanie en un même trajet. La route 90 permet cela en
reliant Beit She'an à la pointe sud de ce que tout le monde ici appelle la mer du sel, Yam Amélar. Autant le versant ouest est peuplé autant celui ci semble déserté, seuls quelques villages et
campements accueillent ici ou là les mêmes personnes circulant sur des ânes, des vélos déglingués ou des taxis Mercedes jaunes et longs aux plaques minéralogiques vertes. Au bord de la routes des
tentes sommaires abritent des étals de maraîchers tenus par des enfants qui font des signes de la main pour que l'on ose s'arrêter. Oser, parce que c'est une route peu fréquentée, à travers le
pays "des méchants".
Nous avons passé deux contrôles avant d'atteindre Ein Gedi où nous nous laissâmes porter
par cette eau au toucher huileux et où, comme à chaque fois, sans en connaître d'autre effet que de faire rire les enfants, je m'enduisis de cette boue noire. En attendant que ça sèche on regarde
le paysage, les verts de l'eau, les rouges et ocres des montagnes autour, le blanc du sel qui sur tout se dépose. Nous visitâmes le site où furent découvert les manuscrits de la mer morte. Un
sanctuaire entretenu par une communauté de scribes où trouvaient asile ceux qui désiraient faire une retraite silencieuse et de jeûne, enfin c'est ce que le film diffusé en ouverture et en
espagnol m'a semblé raconter. Sur le soir nous avions réservé un bungalow dans un zimmer proche, pour couper le trajet de 450 kilomètres. C'est au milieu d'un ancien kibboutz devenu comme
d'autres dans les années 80, mochav. Il y a la piscine communautaire, un spa pour les clients, comme une cuisine équipée et dans la chambre un frigo dans lequel nous attendait un quart de
pastèque et une bouteille d'eau fraîche. Pour l'équivalent d'une cinquantaine d'Euro, c'est Bizance à un jet de sperme de Sodome.
Plutôt que de rouler tout droit ou presque vers notre destination, au matin nous mîmes cap
à l'ouest pour remonter sur les plateaux du Negev et randonner un peu. Le silence et la chaleur sont les émanations de cet univers presque uniquement minéral, seules des herbes buissonneuses et
rares et des quelques acacias plats témoignent de la Vie en cet endroit, à ajouter à de rares fourmis, une gazelle et une douzaine de mouches qui semblaient nous attendre sur le parking pour nous
accompagner dans notre balade. Ce n'est pas un désert de sable, mais de pierres, gravier sur lequel nous marchions dans le lit d'une rivière d'occasion, falaises, pics et éboulis tout autour.
Cuits et fourbus nous reprîmes notre route au Sud pour atteindre l'hôtel de luxe qui nous accueillait comme la formation que bien peu suivaient. Cette école à la plage est considérée par ceux qui
y ont droit comme un congé supplémentaire pour raison de diplômes universitaires, dont acte. Un coup de fil pour s'assurer de la signature de la feuille de présence par un hiérarque de ses
relations et nous nous plongions dans les velours et les ors du Royal Beach. Notre statut ou, et peu être et, notre mise poussiéreuse ne nous donnèrent pourtant pas droit à tous les égards du
lieu, l'accueil dans un coin retiré, et je dus porter la glacière et la valise, mais bon, Roland Topor est mort, à qui me plaindre de ce Palace.
En tout cas le lit de deux mètres de large nous a permis de nous reposer des balades et des baignades de la journée. Je me suis offert un masque et un tuba pour jouir du spectacle offert par la
vie sous-marine abritée par le récif de corail. J'ai appris aussi qu'ici les contrôles de police ou d'armée ou de sociétés privées en charge des checkpoints ne se font pas au faciès. L'ennemi
peut être pâle, l'ami foncé, c'est donc à l'accent, à la prononciation de l'hébreu et de l'hébreu seulement. Nous avons testé cela, les randonnées, nous les faisions sur les hauteurs accessibles
par une route qui jouxte la frontière égyptienne, alors des contrôles nous en avons eu pour notre compte. Le scénario est toujours le même, le contrôleur s'avance et interroge sans préalable
« Ma Nishma ? », un naïf croirait que l'on s'enquiert de son humeur, en fait non, l'idée est d'entendre, de faire dire « Besseder » (d'accord, que l'on dit ici pour tout va
bien), même « Akol tov » (tout bien) ne fonctionne pas. Il faut Besseder pour reconnaître l'accent autochtone et si l'on répond en anglais que l'on est français, il faut, nous avions un
passager qui fit celui là, quelqu'un pour répondre en hébreu. Comment font les religieux qui refusent de parler la Sainte Langue ailleurs qu'à la synagogue ? Y a t'il une dérogation pour le
yiddish ?
Enfin les vacances furent plaisantes. Au retour nous pûmes nous pâmer devant le cadeau d'anniversaire fait à Tal par son pére, un
pékinois. Super !
PS: Parce qu'il ne m'est pas possible de mettre un lien sur le titre je le met là, et celui ci parce que c'est mon titre préféré.