Mercredi 4 juin 2008 3 04 06 2008 17:38
Avant hier soir nous est arrivé en la gare routière sud notre hôte d'occasion en la personne de Tatouch. Nous le reconduirons demain aux abords de la ville qui jamais ne dort.. Outre la conversation, baignade et gueuletonage, nous avons donné du temps pour travailer, il en reste même un peu, mais pour quelques 200 $ et 500 NIS, quand même !
Si vous voullez passer à coté de quelque chose, boycottez A Kol (tout) de ce groupe
Bianca arrive pour me souhaiter bonne route, faire mon bagage,...
A bientôt donc.

Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 2 juin 2008 1 02 06 2008 11:41

Ca y est les billets d'avion sont payés, la voiture louée, il ne me reste que le téléphone à recharger, jeudi je serai européen pendant 20 jours. La pluie sous forme d'orages qui, dit on, là bas sévit, la fraîcheur du soir, pourrais je passer mes journées en short ? Les rencontres qui n'auront pas lieu faute de temps, celles de hasard que j'aurais aimé éviter et celles qui ne dureront pas assez, où tout n'aura pas été dit. Les questions, la récurrence de celle sur le bonheur, l'ai je trouvé ? Les "c'est pas trop dur ?" aussi, les bombes, la guerre, les attentats, ou bien les inévitables reproches sur ma présence ici comme un soutient implicite au martyre subit par ceux qui vivent de l'autre coté du mur. Peut être participerai je au débat, peut être le fuirai je , après tout, suis je engagé qu'à exprimer des idéaux qui de tous cotés ne me rapportent qu'insultes et malédictions, peut être. Comment expliquer que je me soucis plus de repérer l'oiseau qui me donne à entendre ses trilles dans la palette de couleurs qu'offre l'ilot de végétation qui nous sépare des autres immeubles, plus hauts sur la colline. Je n'ai comme soulte à verser que l'acceptation de l'amour d'Iris et à découvrir le moyens d'échanger, à distance, celui du père, que je suis, de filles desquelles j'aimerai me montrer digne. Des miens, des amis que l'on abandonne toujours trop tôt. Starfati ici, de passage en France, poussière que le vent commande et qui sera partie du mortier liant les pierres d'un phare, qu'une vague abattra, qu'un courant sur la plage déposera et qui un moment jouira du plaisir de chevaucher la perle sueur qui doucement descend l'échancrure du maillot de bain de la  starlette gracieuse. Mais, il n'est pas tout de rêvasser, le maché m'apelle où les marchands sont déjà au fait des friandises qu'ils auront à me fournir...


Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 27 mai 2008 2 27 05 2008 16:36

Je me dois de reconnaître mon erreur, la prochaine fête n'était pas "chavou'ot" (semaines) mais lag ba'omer (33 de omer soit le 33ième jour suivant le 5ième de pess'ah), et c'était cette fin de semaine. Pour les religieux c'est une trêve qui va leur permettre de se marier et, ou, de se faire couper les douilles. Pour les enfants de moins de 3 ans des dit religieux c'est même la tonte obligatoire et , nec plus ultra, sur les pentes du mont Meron au nord, à proximité du tombeau d'un saint. Plus généralement pour les laïques qui sont, on ne le dira jamais assez, les plus nombreux, c'est l'occasion, le soir, d'allumer des feux de joie et en famille, un peu partout en ville, ou pour les djeuns, sur la plage, de faire des pique-nique, grillade et la fête. Les feux d'artifices sont aussi de rigueur bien sûr, mais les pétards sont interdits à la vente, (pas chez les arabes) et le lendemain est férié ce qui permet de faire durer.

Le soir nous avons donc été promener le chien dans le quartier où les terrains plats et non boisés étaient tous théâtres de réunion chantantes. Le lendemain sur la plage c'était l'envers du décor, les restes, des cendres froides et tout autour bouteilles et emballages vides, des matelas, des barbecues abandonnés. Une aubaine pour le chien qui s'est goinfré des ailes de poulet grillées au sable. Ramasser ses ordures n'est pas encore passé dans les mœurs et gaspiller la nourriture doit être quelque chose comme un signe de richesse qu'il est bon d'afficher. Mais, en tout cas, cela fait le bonheur des nombreux chats qui vivent autour des très nombreuses poubelles, un vaccin indirect contre la peste sans doute. Pour l'heure Tal babille comme une demeurée avec son chien qu'elle n'est toujours pas descendu faire pisser, lequel innocent profite des rotations des trois autres locataires pour marquer les environs de son empreinte. Mais bon, l'enfant est roi ici, pour peu qu'il est quelques velléités de tyran...

 

ps: pour le lien et le titre se reporter au précèdent billet.

Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 mai 2008 4 22 05 2008 18:00

Parce qu'elle est lettrée, Iris bénéficie, comme d'autres "par relations", de formations délocalisées. Elles se donnent soit au bord de la Mer Morte, soit sur les rivage de la Rouge, et c'est là où nous avons passé ces jours derniers, à Eilat. Partis le samedi nous longeâmes la Palestine et la Jordanie en un même trajet. La route 90 permet cela en reliant Beit She'an à la pointe sud de ce que tout le monde ici appelle la mer du sel, Yam Amélar. Autant le versant ouest est peuplé autant celui ci semble déserté, seuls quelques villages et campements accueillent ici ou là les mêmes personnes circulant sur des ânes, des vélos déglingués ou des taxis Mercedes jaunes et longs aux plaques minéralogiques vertes. Au bord de la routes des tentes sommaires abritent des étals de maraîchers tenus par des enfants qui font des signes de la main pour que l'on ose s'arrêter. Oser, parce que c'est une route peu fréquentée, à travers le pays "des méchants".
Nous avons passé deux contrôles avant d'atteindre Ein Gedi où nous nous laissâmes porter par cette eau au toucher huileux et où, comme à chaque fois, sans en connaître d'autre effet que de faire rire les enfants, je m'enduisis de cette boue noire. En attendant que ça sèche on regarde le paysage, les verts de l'eau, les rouges et ocres des montagnes autour, le blanc du sel qui sur tout se dépose. Nous visitâmes le site où furent découvert les manuscrits de la mer morte. Un sanctuaire entretenu par une communauté de scribes où trouvaient asile ceux qui désiraient faire une retraite silencieuse et de jeûne, enfin c'est ce que le film diffusé en ouverture et en espagnol m'a semblé raconter. Sur le soir nous avions réservé un bungalow dans un zimmer proche, pour couper le trajet de 450 kilomètres. C'est au milieu d'un ancien kibboutz devenu comme d'autres dans les années 80, mochav. Il y a la piscine communautaire, un spa pour les clients, comme une cuisine équipée et dans la chambre un frigo dans lequel nous attendait un quart de pastèque et une bouteille d'eau fraîche. Pour l'équivalent d'une cinquantaine d'Euro, c'est Bizance à un jet de sperme de Sodome.
Plutôt que de rouler tout droit ou presque vers notre destination, au matin nous mîmes cap à l'ouest pour remonter sur les plateaux du Negev et randonner un peu. Le silence et la chaleur sont les émanations de cet univers presque uniquement minéral, seules des herbes buissonneuses et rares et des quelques acacias plats témoignent de la Vie en cet endroit, à ajouter à de rares fourmis, une gazelle et une douzaine de mouches qui semblaient nous attendre sur le parking pour nous accompagner dans notre balade. Ce n'est pas un désert de sable, mais de pierres, gravier sur lequel nous marchions dans le lit d'une rivière d'occasion, falaises, pics et éboulis tout autour. Cuits et fourbus nous reprîmes notre route au Sud pour atteindre l'hôtel de luxe qui nous accueillait comme la formation que bien peu suivaient. Cette école à la plage est considérée par ceux qui y ont droit comme un congé supplémentaire pour raison de diplômes universitaires, dont acte. Un coup de fil pour s'assurer de la signature de la feuille de présence par un hiérarque de ses relations et nous nous plongions dans les velours et les ors du Royal Beach. Notre statut ou, et peu être et, notre mise poussiéreuse ne nous donnèrent pourtant pas droit à tous les égards du lieu, l'accueil dans un coin retiré, et je dus porter la glacière et la valise, mais bon, Roland Topor est mort, à qui me plaindre de ce Palace.
En tout cas le lit de deux mètres de large nous a permis de nous reposer des balades et des baignades de la journée. Je me suis offert un masque et un tuba pour jouir du spectacle offert par la vie sous-marine abritée par le récif de corail. J'ai appris aussi qu'ici les contrôles de police ou d'armée ou de sociétés privées en charge des checkpoints ne se font pas au faciès. L'ennemi peut être pâle, l'ami foncé, c'est donc à l'accent, à la prononciation de l'hébreu et de l'hébreu seulement. Nous avons testé cela, les randonnées, nous les faisions sur les hauteurs accessibles par une route qui jouxte la frontière égyptienne, alors des contrôles nous en avons eu pour notre compte. Le scénario est toujours le même, le contrôleur s'avance et interroge sans préalable « Ma Nishma ? », un naïf croirait que l'on s'enquiert de son humeur, en fait non, l'idée est d'entendre, de faire dire « Besseder » (d'accord, que l'on dit ici pour tout va bien), même « Akol tov » (tout bien) ne fonctionne pas. Il faut Besseder pour reconnaître l'accent autochtone et si l'on répond en anglais que l'on est français, il faut, nous avions un passager qui fit celui là, quelqu'un pour répondre en hébreu. Comment font les religieux qui refusent de parler la Sainte Langue ailleurs qu'à la synagogue ? Y a t'il une dérogation pour le yiddish ?
Enfin les vacances furent plaisantes. Au retour nous pûmes nous pâmer devant le cadeau d'anniversaire fait à Tal par son pére, un pékinois. Super !


PS: Parce qu'il ne m'est pas possible de mettre un lien sur le titre je le met , et celui ci parce que c'est mon titre préféré.

Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 22 mai 2008 4 22 05 2008 10:28

Le début du mois de mai était, ici aussi, l'occasion de célébrations. La première en date est celle du souvenir des victimes de la Shoah, (L'hébreu a la particularité d'intégrer l'article défini au mot même en ce faisant ce mot prend un sens particulier shoa, désastre, ashoa le génocide juif perpétré par les nazis)
Une semaine plus tard c'est le jour du souvenir des victimes israéliennes des diverses guerres et le lendemain les célébrations de l'indépendance. C'est un sujet de débat. La population commence a se lasser de cette proximité qui fait passer du cimetière le jour, au bal populaire et feux d'artifice le soir. Compte tenu, bien sûr, de la régle biblique (il y eut un soir, il y eut un matin) qui fait commencer les célébrations à la sortie de la lune et les finir à la tombée du soleil.
Iris a donc respecté les minutes de silence annoncées par les sirènes, mais nous n'avons pas plus célébré que cela. Le 7 au soir nous étions invité par Zouzou à fêter l'indépendance en chantant avec ses amis. Une dizaine de couples dans le séjour, chacun ayant apporté un plat, et l'hote d'animer le c
œur. Aux dires d'Iris les chants dataient de la constitution de l'état et lui étaient connu comme ceux rythmant ses marches de jeune pionnière. Les plats étaient délicieux, les chants presque aussi faux qu'entousiastes. J'ai fait le bonheur de deux roumaines en les assurant de la réciprocité de leur francophilie puis nous papotâmes de la leçon de capitalisme qu'allaient recevoir les inventeurs des droits de l'Homme par le fait de l'élection de Sarkozy. Les amis de Zouzou sont d'un communisme que l'on ne rencontre plus beaucoup.
Le 8 mai nous sommes partis randonner sur le Golan avec Bianca. Une grande parti de la surface de ce plateau est réservée à la culture des mines laissées par la Syrie et donc à une nature qui y reprend ses droits. Des vergers abandonnés, des céréales folles qui nourissent les gazelles entraperçues derrière les barbelés qui cloturent tout, et de grands oiseaux blanc que je n'ai pas su identifier qui me faisaient rêver à
Arzach tandis que nous longions des casernes en ruines ou actives, les autres reliefs de l'endroit. En ce jour de fête paramilitaire elles étaient visitables, mais nous avons préféré la descente au pied d'une cascade. Le bassin qui recueille l'eau chutant d'une quarantaine de mètres est appellé "le bain des officiers", nom qui prouve que les gradés syriens ne craignent pas l'eau froide. Nous sommes aussi allés jusqu'à la frontière essayer de voir Damas à quarante kilomètres, mais le mont Hermon sur lequel subsistait quelques plaques de neige faisait écran.
Le vent fait toujours la guerre au soleil et maintient une certaine fraîcheur qui rend les sorties de bain de mer frissonnantes et l'épanouissement des moustiques nocturnes, irritante. A l'invite d'un couple ami,parce qu'il tient Daniel Auteuil en grande estime, nous sommes aller voir un film français au cinéma,
"Mon meilleur ami", dont il n'y a pas grand chose à dire. J'ai terminé mon cycle de littérature autochtone avec "le responsable des ressources humaine" de Avraham B. Yehoshua, un roman bizarre, mais juste et plaisant. Je puise donc dans mes réserves d'où j'ai extrait l'impeccable "Camille et les grands hommes" d'Alexandre Vialatte, descendu en peu de temps et le non moins excellent "Big Sur ou les oranges de Jérome Bosch" dans lequel Henry Miller me donne, ces jours ci, à lire son profond humanisme et son amour pour la peinture que je n'avais pas encore lu de sa main. La prochaine fête est dans un mois, je serai sans doute dans l'Hexagone quand ici seront célébrées "les semaines".

Ps: Les photographies sont de Bianca, ce billet aurait du être posté il y a plus d'une semaine, mais diverses raisons m'en ont empéché.

Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 1 mai 2008 4 01 05 2008 14:52

 


Le programme par sa couverture ressuscite les Stones des années 80, et dans sa double page centrale, Woodstock, ainsi s'affiche Bombaméla. Dans les faits c'est un morceau de plage organisé en quatre scènes, deux allées commerçantes et des aires de camping. L'agglomération la plus proche, si l'on peut l'appeller ainsi, est un regroupement de bungalow préfabriqués hébergeant les déplacés de la bande de Gaza dont la frontière nord est distante d'une quinzaine de kilomètres.

La tente enfin plantée, notre invité partait déjà de groupe en groupe chercher la passerelle qui le conduirait vers ses rêves. De notre coté, nous contournâmes avec précaution la scène Techno, et arrivâmes à la Grande pour la fin des balances des "yéhudim" (juifs) groupe de hard rock affectionnant les fumigènes, et les soli de guitares aussi incongrus qu'une tranche de jambon de Bayonne à un repas de Shabbat. La chanteuse fait parti des brailleuses, le chanteur des gueulards, le tout pompant outrageusement les Red Hot. Nous n'étions pas en Californie et la reprise de Stairway to heaven nous donnait l'envie de plonger dans le puits conduisant aux enfers. Nous sommes tout de même restés sur la plage à regarder la mer, à regarder ceux qui bravaient l'interdiction de se baigner, surtout des filles, qui ne pouvaient, au contraire des garçons, jouer à celui qui de son jet arrêterait la vague. Aprés avoir épuisé le sujet de cette journée gâchée, confiant dans le lendemain, nous sommes allés nous coucher et même dormir quand la fatigue fit oublier les irrégularités et la dureté du sol.

 

Le jour réveillait les enfants et les jeux installés tout proche les attiraient, leurs cris remplacèrent les habituels chants d'oiseaux, nous étions réveillés. Alors nous nous promenèrent devant les stands de vétements indiens, de percing , tatouages, bijoux, clubs de méditation orientales et deux synagogues improvisées, l'une orthodoxe et l'autre hassidique guillerette et dansante jusqu'au dehors de la tente. La dernière des scènes étant celle du reggae, un groupe terminait de s'accorder, nous restâmes. Avec bonheur, le concert fût génial, les musiciens excellents, complices et les thèmes religieux lavés de leur dogmatisme, porté par la rythmique lancinante mais non moins riche d'un jeu aboutit nous ony permis de conclure à l'utilité de ce périple. Que la réussite et le succès sourient aux "Aharit Hayamim". Nous retrouvâmes Tatouch sous la tente, fébrile et désorienté, lui comme nous désirions mettre un terme à ce week end perdu, nous reprîmes nos cliques et claques pour le reconduire à Kiriat et rentrer à Haïfa. Il ne nous restait qu'a nous consoler avec l'invitation à déguster des moufleta lors la mimouna qui marque la fin de Pessa'h chez les marocains. C'était en fait une réunion mondaine que notre hôtesse déserta presque aussi rapidement que nous, les sucreries valaient quand même le voyage.

 


Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 29 avril 2008 2 29 04 2008 13:56

 

Une fois petit Daniel abandonné,nous primes la route payante pour descendre vers le sud. Par cette autoroute, qu'un esprit ironique nomma Yitzhak Rabin bien qu'elle fût construite en amputant la Palestine de certaines de ses terres, qu'elle donne une vue idyllique du Mur, remblayé et fleuri sur les quatre cinquièmes de sa hauteur, nous longions, à gauche, les villes palestiniennes que les panneaux ne mentionnent pas et à droite les villes nouvelles où il est dit que même les grains de sable s'ordonnent en rang, allusion faite à leur peuplement essentiellement composé de militaires à la retraite . Nous récupérâmes donc Tatouch dans une de ces bourgades de droite. Juste le temps d'un café, il nous attendait plutôt fébrile, le sac prêt, il avait même une tente, nous achèterions à manger en chemin, il avait, comme un peu partout, ses entrées au marché de Pétah Tikva. Je le trouvais plutôt speed, état que je mis sur le compte de sa séparation d'avec Tal, la grande, non encore digérée. Elle téléphonait à son ex d'ailleurs. Tandis que Je menais la 205, chargée à la va vite, de feu rouge en feu rouge vers Tel Aviv. Elle était à Jaffa, aux marché aux puces, serait contente de nous dire bonjour. La pratique de la circulation routière en Israël ne permet pas autre chose au conducteur que de se concentrer sur autre chose que la route sous peine de se manger un taxi collectif dans la seconde ou un camion ou n'importe quoi, de toutes façons, le code de la route est ici aussi discuté que la Tora, son interprétation est donc à l'avenant, ça dépend des écoles. Iris toujours accorte proposait même de l'inviter au festival avec nous. Et c'est dans cet esprit que nous nous garâmes prés du marché au puce de Jaffa. Le temps de verrouiller les portes, Tatouch disparaissait dans une ruelle, et nous, commencions de flanner.
Pas longtemps en fait il téléphonait de venir le chercher, il s'était énervé et avait frappé Tal. Qui de son coté appelait quelques minutes plus tard, pour nous dire de venir, Tatouch étant entre les mains des bourres. Il nous fallut quelques minutes pour trouver l'endroit, Iris paniquait et oubliait de me traduire l'intégralité des appels ce qui ne me donnait pas la mesure des faits. Tatouch c'était en fait rué vers Tal qu'il soupçonnait de coucher avec X, qui au dire de la victime ne l'abritait que le temps du rendez vous, son appart étant connu des deux. C'est cet hôte qui prévint les condés lorsque le conjoint éconduit bouscula son invitée. La brute était maintenant assise par terre, les mains dans le dos avec les pinces et 2 soldats en arme pour chevets. Le flic, lui, conviait tout le monde au commissariat proche, il devait être seize heures, arrivé sur les lieux je gardait la voiture et surtout mon livre qui comme je l'ai dit précédemment arrivait dans son dernier tiers et commençait à me pomper lui aussi.Nous tapotâmes avec Tal sur l'opportunité de déposer plainte, de sa peur, des faits, de son avenir qui ne semble pas vraiment défini, pas même avoir le statut d'ébauche. La justice locale, m'a dit Iris, est très stricte avec ce qui est appelé ici la violence familiale, 3 jours de gnouf au minimum et puis c'est au juge de voir combien il en ajoute. Mais Tal n'a pas porté plainte, elle s'en réserve toutefois le droit, et un beau frére de Tatouch a accepté de venir se déclarer indic pour le sortir de là. En fait il n'est pas tuteur ou responsable, il doit juste pouvoir être contacté par la police si celle ci n'arrive pas à joindre celui quelle cherche. Il faisait nuit quand nous reprîmes la route, plus encore quand nous prentâmes la tente à quelques cinquantes kilométres plus au sud, dans le camping "familles" de la dixième édition du festival Bombaméla...

Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 29 avril 2008 2 29 04 2008 10:36

 

La fête religieuse est terminée, commencera bientôt celle d'indépendance, c'est la terminologie locale, je ne suis que rapporteur. Il va y avoir plein de drapeaux bleu et blanc aux fenêtres et sur les voitures. L'année dernière certains immeubles étaient si pavoisés que l'on distinguait à peine le béton. Autre temps, autres lieux, il n'y a ici, cette année, qu'une guirlande de petit fanions rouge, jaune, orange, bleu et blanc dessinant un triangle autour du rond point, rien encore sur les façades, ni aux fenêtres. Le ciel est toujours bleu, un vent marin nous préserve de la canicule. Mercredi dernier nous avions prévu de partir passer le week end au sud, ce ne fût, en fait, qu'une série de contretemps qui rythma ce qui devait être des vacances.
Mercredi donc, j'ai passé ma matinée à cuisiner pour Tal, à ranger et nettoyer un peu, à ne pas répondre aux offres de travail et à nous déclarer absents sur les sites internet qui les proposent. Manque de chance à peine arrivée, Iris c'est vu proposer un job d'hébreu vers l'anglais, un texte pénible et technique pour lequel je ne pouvait guère qu'offrir une aide morale. J'ai donc lu à son coté,
"Les cerfs-volants de Kaboul" de Khaled Hosseini. Les deux premiers tiers du roman sont biens, avec ce qu'il faut d'interrogation et de poésie, mais la fin m'a laissé un goût désagréable. Le mot opium n'est pas écrit, l'héroïne ne l'est que prise par un Taliban. En bref, j'ai clos le livre avec une désagréable impression d'avoir lu de la propagande, mais bon, j'avais précédemment dévoré les nouvelles d'Etgar Keret "Crise d'asthme" . Pour celles ci il n'est besoin que de quelques heures, l'auteur fait aussi de la bande dessinée, cela se sent, le rythme est le même, parfois trash, fantastique aussi. On peut juste se poser la question du choix de la traductrice de ne pas traduire les mots arabes que lorsque ceux ci sont dit par un arabe. Laissant ainsi croire qu'un hébraïsant n'entendrait de cette langue que "Yalla", allons y, alors que la récurrence de, par exemple, con de ta mére, laisse deviner que l'hébreu de l'auteur est bien celui que l'on entend dans la rue, celui sémite où les deux langues, arrivent parfois à se mêler.
Donc mercredi soir nous dormions dans notre lit, de toutes façons la tente prêtée cet été est passée dans la rubrique perte et le matelas gonflable au rayon accessoire de cuisson pour la peau rosée de l'ainée de la maison. Tatouch que nous devions récupérer à Kiriat, prévenu, fit une part du trajet et nous donna rendez vous pour le lendemain au nord de Tel Aviv.
 Nous partions enfin, la glacière pleine de bouteilles d'eau, un arabe, marchand de bord de route, nous vendit des pains à grignoter assaisonné de za'atar
et des pita (le pluriel c'est pitot l'oubli de l's est, pour une fois, volontaire) gorgées d'huile d'olive et du même mélange d'épices qu'affectionnent Iris et petit Daniel que nous conduisions en gardiennage chez l'amante en titre de sa tante qui vit dans un village opportunément sur notre route et où celle ci, ce jour là, agapait. (Oui je sais que le verbe n'existe pas, mais comme de toutes façons il ne peut être question ni de repas dont je ne suis pas sûr, ni de premiers chrétiens dont je suis certain, je me permet cette création parce que je la trouve à propos !)
A midi le jeudi nous faisions le marché à Pétah Tikva escale avant Bombaméla...
Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 22 avril 2008 2 22 04 2008 11:37

cela nous aurait suffi
Samedi se fût cuisine, un poulet farci de riz et de fruits secs sur un lit de pommes de terre et recouvert d'une sauce à base de ketchup et d'autres ingrédients dont je n'ai pas gardé le souvenir. Comme il nous restait du temps, l'invitation était pour 19 heures, nous préparâmes aussi une tarte caramélisée qui au départ ne devait nous servir que pour la collation le lendemain, le beurre et la farine blanche la rendant on ne peut plus "lo kasher". En fait, Tal par l'odeur alléchée, décida de la prendre aussi, les convives seraient prévenus.
Il faut beau, parfois plus frais mais il va certainement falloir attendre novembre pour revoir la pluie tomber, les oiseaux ont fini leur cour, ils ne sont plus très nombreux à chanter, les moissons ont commencé, les chênes ont leurs feuilles et les bougainvilliers participent de la richesse et de l'éclat de la palette. Les rues sont calmes, l'activité réduite, le voyage conseillé peut être pour rappeler l'exode. Les américains ne parlent pas de Pâques mais de « passover »
La fête se déroulait chez le frère du père de petit Ben de passage. Il essaya vainement de s'attirer les grâces de son fils, nous dit sa solitude, ses petits boulots pour vivoter à New York, les cours d'hébreu, le chant, il repartirai dans moins d'une semaine, il devait chanter 3 morceaux en duo avec une star, laquelle, il ne le dit pas. Avant le départ petit Daniel et Dédé la gouache s'étaient munis de leur kipa, blanche et satinée, celle ordinaire des non religieux, la noire est réservée au deuil ou au religieux. Aprés un verre de rouge en apéritif, un déballage des cadeaux express, est venue l'heure de passer à table. L'honneur des lectures étaient au chanteur et c'est avec une forte et belle voix de basse que furent lues les première pages de la Hagada, jusqu'en arriver à
Dayénou qui mit un terme à ce qui commençait à devenir un gros n'importe quoi, Daniel seul avait encore sa coiffure, les autres traînaient par terre ou sur la table. Ce chant qui ponctue les 15 bienfaits de Dieu à son peuple lors de la sortie d'Egypte me renvoyait les images du livre en cours "Quand vient le souvenir" de Saul Friedländer et les mots d'un déporté reprenant cette idée de dayénou pour s'interoger sur le fait de savoir si Dieu ne voulait élire un autre peuple et oublier celui ci qui derrière les barbelés, à l'ombre des crématoires, commençait à être las de sa condition de chouchou. Comme il est de tradition chacun avait apporté un ou plusieurs plats, le vin descendait à un rythme effréné, les 2 plus jeunes enfants s'adonnaient à un duel à l'épée en plastique et s'éssayaient aussi contre les adultes pour voir. Le dernier né de nos hôtes du haut de ses quelques mois et de sa chaise haute donnait aussi de la voix. La tarte ne posa aucun problème, un sommeil alcoolique m'engloutit presque sitôt au lit.
Hier un ami de Petit Daniel est arrivé pour un séjour de quelques jours, il a 13 ans comme lui, porte la kipa et s'est excusé de ne pouvoir manger avec nous, il y avait même du fromage dans la salade ! J'ai entendu Jean Daniel parler dernièrement de l'attitude suicidaire de l'état d'Israël, de la projection d'une apocalypse comme solution, Stéphane Hessel aussi qui dit que la solution des 2 états est caduque et Haaretz qui titre sur le record battu pour le prix du baril de pétrole, le cessez le feu proposé par le Hamas. Et Farid Chopel qui vient de mourir.


Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 16 avril 2008 3 16 04 2008 12:02

Nous y sommes presque, la semaine de Pâques va commencer vendredi soir avec la sirène d'entrée du shabbat, à table le lendemain soir à sa sortie. Repas, réunions de famille et petits cadeaux, la fuite d'Egypte comme la naissance du Christ pour d'autres. Le fait est que dans un état religieux ça donne des questionnements qui, à mes yeux de profane, ont un coté merveilleux. On peut lire dans Haaretz que la justice ne pourra être saisie à Jérusalem contre un commerçant qui vendrait du pain non azyme (En) que si celui ci le promeut par une explosion au grand air, s'il le tient au fond de sa sombre boutique, pas de problème. Comme une majorité de la population n'en mangera pas dans la semaine à venir, c'est une bonne occasion pour le gouvernement de l'augmenter de 4 %. Il est possible d'acheter du pain dit subventionné et dont le prix est fixé par l'état, plutôt insipide, tranché et grillé, il peut servir de support à une confiture de fraise pour autant que celle ci soit goûteuse. Dans le même journal on apprend que seulement 30 % de la population soutient l'idée de l'ouverture de commerces le samedi, ce que doivent lire comme un encouragement les commerçants des villages arabes qui, ces jours là, font l'essentiel de leur chiffre d'affaire profitant du fait que le shopping reste, à mes yeux de curieux, le loisir le plus prisé par la population locale. Un autre article a attiré mon attention, celui ci plus humainement terre à terre, la raréfaction de l'eau (En). Dans un pays où il n'est pas rare de trouver des flaques autour des raccordements à ciel ouvert, où l'installation massive de chauffe eau solaire sur les toits d'immeuble contraint à attendre, attendre, attendre que l'eau soit chaude pour se glisser sous la douche, sachant que le plus souvent c'est dans une baignoire que l'on prend le risque de glisser et plein d'autres détails qui ne semblent paraître choquants pour personne, j'ai été, je l'avoue, plutôt content de lire cet état d'une situation qui en alarmerait sans doute bien d'autres. Il y a aussi la privatisation des check points et l'intéressant rapport qu'y est fait avec l'expérimentation étatsuniene de la guerre privée en Irak.
En tout cas c'est bientôt les fêtes, petit Daniel ne va plus à l'école, les vacances ont été retardées pour rattraper les plus de 2 mois de grève des enseignants de l'automne dernier. La journée à la poste aura sans doute été rude puisque c'est le jour où arrivent les bons qui permettent l'obtention de la Méthadone locale, hiers c'était une adolescente de 16 ans à mi grossesse qui venait poster son dossier de demande d'aide à l'association ad hoc, avec 2,64 enfants par femme en 1997 et 2,9 en 2005 où il se partage la 83ième place mondiale avec la Libye devant l'Inde l'état d'Israël ne démentira pas Albert Jacquard dans la conclusion de sa
chronique Regards du 11-04-2008," Il n'est pas étonnent alors que l'Humanité se comporte comme un bateau ivre." Un dernier lien peut être, pour fêter ça ?


Par MaPomme
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus