cela nous aurait suffi
Samedi se fût cuisine, un poulet farci de riz et de fruits secs sur un lit de pommes de terre et recouvert d'une sauce à base de ketchup et d'autres ingrédients dont je n'ai pas gardé le
souvenir. Comme il nous restait du temps, l'invitation était pour 19 heures, nous préparâmes aussi une tarte caramélisée qui au départ ne devait nous servir que pour la collation le lendemain, le
beurre et la farine blanche la rendant on ne peut plus "lo kasher". En fait, Tal par l'odeur alléchée, décida de la prendre aussi, les convives seraient prévenus.
Il faut beau, parfois plus frais mais il va certainement falloir attendre novembre pour revoir la pluie tomber, les oiseaux ont fini leur cour, ils ne sont plus très nombreux à chanter, les
moissons ont commencé, les chênes ont leurs feuilles et les bougainvilliers participent de la richesse et de l'éclat de la palette. Les rues sont calmes, l'activité réduite, le voyage conseillé
peut être pour rappeler l'exode. Les américains ne parlent pas de Pâques mais de « passover »
La fête se déroulait chez le frère du père de petit Ben de passage. Il essaya vainement de s'attirer les grâces de son fils, nous dit sa solitude, ses petits boulots pour vivoter à New York, les
cours d'hébreu, le chant, il repartirai dans moins d'une semaine, il devait chanter 3 morceaux en duo avec une star, laquelle, il ne le dit pas. Avant le départ petit Daniel et Dédé la gouache
s'étaient munis de leur kipa, blanche et satinée, celle ordinaire des non religieux, la noire est réservée au deuil ou au religieux. Aprés un verre de rouge en apéritif, un déballage des cadeaux
express, est venue l'heure de passer à table. L'honneur des lectures étaient au chanteur et c'est avec une forte et belle voix de basse que furent lues les première pages de la Hagada, jusqu'en
arriver à Dayénou qui mit un terme à ce qui
commençait à devenir un gros n'importe quoi, Daniel seul avait encore sa coiffure, les autres traînaient par terre ou sur la table. Ce chant qui ponctue les 15 bienfaits de Dieu à son peuple lors
de la sortie d'Egypte me renvoyait les images du livre en cours "Quand vient le souvenir" de Saul Friedländer et les mots d'un déporté reprenant cette idée de dayénou pour s'interoger sur le fait
de savoir si Dieu ne voulait élire un autre peuple et oublier celui ci qui derrière les barbelés, à l'ombre des crématoires, commençait à être las de sa condition de chouchou. Comme il est de
tradition chacun avait apporté un ou plusieurs plats, le vin descendait à un rythme effréné, les 2 plus jeunes enfants s'adonnaient à un duel à l'épée en plastique et s'éssayaient aussi contre
les adultes pour voir. Le dernier né de nos hôtes du haut de ses quelques mois et de sa chaise haute donnait aussi de la voix. La tarte ne posa aucun problème, un sommeil alcoolique m'engloutit
presque sitôt au lit.
Hier un ami de Petit Daniel est arrivé pour un séjour de quelques jours, il a 13 ans comme lui, porte la kipa et s'est excusé de ne pouvoir manger avec nous, il y avait même du fromage dans la
salade ! J'ai entendu Jean Daniel parler dernièrement de l'attitude suicidaire de l'état d'Israël, de la projection d'une apocalypse comme solution, Stéphane Hessel aussi qui dit que la solution
des 2 états est caduque et Haaretz qui titre sur le record battu pour le prix du baril de pétrole, le cessez le feu proposé par le Hamas. Et Farid Chopel qui vient de mourir.