Une fois petit Daniel abandonné,nous primes la route payante pour descendre vers le sud. Par cette autoroute, qu'un esprit ironique
nomma Yitzhak Rabin bien qu'elle fût construite en amputant la Palestine de certaines de ses terres, qu'elle donne une vue idyllique du Mur, remblayé et fleuri sur les quatre cinquièmes de sa
hauteur, nous longions, à gauche, les villes palestiniennes que les panneaux ne mentionnent pas et à droite les villes nouvelles où il est dit que même les grains de sable s'ordonnent en rang,
allusion faite à leur peuplement essentiellement composé de militaires à la retraite . Nous récupérâmes donc Tatouch dans une de ces bourgades de droite. Juste le temps d'un café, il nous
attendait plutôt fébrile, le sac prêt, il avait même une tente, nous achèterions à manger en chemin, il avait, comme un peu partout, ses entrées au marché de Pétah Tikva. Je le trouvais plutôt
speed, état que je mis sur le compte de sa séparation d'avec Tal, la grande, non encore digérée. Elle téléphonait à son ex d'ailleurs. Tandis que Je menais la 205, chargée à la va vite, de feu
rouge en feu rouge vers Tel Aviv. Elle était à Jaffa, aux marché aux puces, serait contente de nous dire bonjour. La pratique de la circulation routière en Israël ne permet pas autre chose au
conducteur que de se concentrer sur autre chose que la route sous peine de se manger un taxi collectif dans la seconde ou un camion ou n'importe quoi, de toutes façons, le code de la route est ici
aussi discuté que la Tora, son interprétation est donc à l'avenant, ça dépend des écoles. Iris toujours accorte proposait même de l'inviter au festival avec nous. Et c'est dans cet esprit que nous
nous garâmes prés du marché au puce de Jaffa. Le temps de verrouiller les portes, Tatouch disparaissait dans une ruelle, et nous, commencions de flanner.
Pas longtemps en fait il téléphonait de venir le chercher, il s'était énervé et avait frappé Tal. Qui de son coté appelait quelques
minutes plus tard, pour nous dire de venir, Tatouch étant entre les mains des bourres. Il nous fallut quelques minutes pour trouver l'endroit, Iris paniquait et oubliait de me traduire
l'intégralité des appels ce qui ne me donnait pas la mesure des faits. Tatouch c'était en fait rué vers Tal qu'il soupçonnait de coucher avec X, qui au dire de la victime ne l'abritait que le temps
du rendez vous, son appart étant connu des deux. C'est cet hôte qui prévint les condés lorsque le conjoint éconduit bouscula son invitée. La brute était maintenant assise par terre, les mains dans
le dos avec les pinces et 2 soldats en arme pour chevets. Le flic, lui, conviait tout le monde au commissariat proche, il devait être seize heures, arrivé sur les lieux je gardait la voiture et
surtout mon livre qui comme je l'ai dit précédemment arrivait dans son dernier tiers et commençait à me pomper lui aussi.Nous
tapotâmes avec Tal sur l'opportunité de déposer plainte, de sa peur, des faits, de son avenir qui ne semble pas vraiment défini, pas même avoir le statut d'ébauche. La justice locale, m'a dit Iris,
est très stricte avec ce qui est appelé ici la violence familiale, 3 jours de gnouf au minimum et puis c'est au juge de voir combien il en ajoute. Mais Tal n'a pas porté plainte, elle s'en réserve
toutefois le droit, et un beau frére de Tatouch a accepté de venir se déclarer indic pour le sortir de là. En fait il n'est pas tuteur ou responsable, il doit juste pouvoir être contacté par la
police si celle ci n'arrive pas à joindre celui quelle cherche. Il faisait nuit quand nous reprîmes la route, plus encore quand nous prentâmes la tente à quelques cinquantes kilométres plus au sud,
dans le camping"familles" de la dixième édition du festival
Bombaméla...