Le programme par sa couverture ressuscite les Stones des années 80, et dans sa double page centrale, Woodstock, ainsi s'affiche Bombaméla. Dans les faits c'est un morceau de plage organisé en quatre scènes, deux allées commerçantes et des aires de camping. L'agglomération la plus proche, si l'on peut l'appeller ainsi, est un regroupement de bungalow préfabriqués hébergeant les déplacés de la bande de Gaza dont la frontière nord est distante d'une quinzaine de kilomètres.
La tente enfin plantée, notre invité partait déjà de groupe en groupe chercher la passerelle qui le conduirait vers ses rêves. De notre coté, nous contournâmes avec précaution la scène Techno, et arrivâmes à la Grande pour la fin des balances des "yéhudim" (juifs) groupe de hard rock affectionnant les fumigènes, et les soli de guitares aussi incongrus qu'une tranche de jambon de Bayonne à un repas de Shabbat. La chanteuse fait parti des brailleuses, le chanteur des gueulards, le tout pompant outrageusement les Red Hot. Nous n'étions pas en Californie et la reprise de Stairway to heaven nous donnait l'envie de plonger dans le puits conduisant aux enfers. Nous sommes tout de même restés sur la plage à regarder la mer, à regarder ceux qui bravaient l'interdiction de se baigner, surtout des filles, qui ne pouvaient, au contraire des garçons, jouer à celui qui de son jet arrêterait la vague. Aprés avoir épuisé le sujet de cette journée gâchée, confiant dans le lendemain, nous sommes allés nous coucher et même dormir quand la fatigue fit oublier les irrégularités et la dureté du sol.