Jeudi 22 mai 2008

Le début du mois de mai était, ici aussi, l'occasion de célébrations. La première en date est celle du souvenir des victimes de la Shoah, (L'hébreu a la particularité d'intégrer l'article défini au mot même en ce faisant ce mot prend un sens particulier shoa, désastre, ashoa le génocide juif perpétré par les nazis)
Une semaine plus tard c'est le jour du souvenir des victimes israéliennes des diverses guerres et le lendemain les célébrations de l'indépendance. C'est un sujet de débat. La population commence a se lasser de cette proximité qui fait passer du cimetière le jour, au bal populaire et feux d'artifice le soir. Compte tenu, bien sûr, de la régle biblique (il y eut un soir, il y eut un matin) qui fait commencer les célébrations à la sortie de la lune et les finir à la tombée du soleil.
Iris a donc respecté les minutes de silence annoncées par les sirènes, mais nous n'avons pas plus célébré que cela. Le 7 au soir nous étions invité par Zouzou à fêter l'indépendance en chantant avec ses amis. Une dizaine de couples dans le séjour, chacun ayant apporté un plat, et l'hote d'animer le c
œur. Aux dires d'Iris les chants dataient de la constitution de l'état et lui étaient connu comme ceux rythmant ses marches de jeune pionnière. Les plats étaient délicieux, les chants presque aussi faux qu'entousiastes. J'ai fait le bonheur de deux roumaines en les assurant de la réciprocité de leur francophilie puis nous papotâmes de la leçon de capitalisme qu'allaient recevoir les inventeurs des droits de l'Homme par le fait de l'élection de Sarkozy. Les amis de Zouzou sont d'un communisme que l'on ne rencontre plus beaucoup.
Le 8 mai nous sommes partis randonner sur le Golan avec Bianca. Une grande parti de la surface de ce plateau est réservée à la culture des mines laissées par la Syrie et donc à une nature qui y reprend ses droits. Des vergers abandonnés, des céréales folles qui nourissent les gazelles entraperçues derrière les barbelés qui cloturent tout, et de grands oiseaux blanc que je n'ai pas su identifier qui me faisaient rêver à
Arzach tandis que nous longions des casernes en ruines ou actives, les autres reliefs de l'endroit. En ce jour de fête paramilitaire elles étaient visitables, mais nous avons préféré la descente au pied d'une cascade. Le bassin qui recueille l'eau chutant d'une quarantaine de mètres est appellé "le bain des officiers", nom qui prouve que les gradés syriens ne craignent pas l'eau froide. Nous sommes aussi allés jusqu'à la frontière essayer de voir Damas à quarante kilomètres, mais le mont Hermon sur lequel subsistait quelques plaques de neige faisait écran.
Le vent fait toujours la guerre au soleil et maintient une certaine fraîcheur qui rend les sorties de bain de mer frissonnantes et l'épanouissement des moustiques nocturnes, irritante. A l'invite d'un couple ami,parce qu'il tient Daniel Auteuil en grande estime, nous sommes aller voir un film français au cinéma,
"Mon meilleur ami", dont il n'y a pas grand chose à dire. J'ai terminé mon cycle de littérature autochtone avec "le responsable des ressources humaine" de Avraham B. Yehoshua, un roman bizarre, mais juste et plaisant. Je puise donc dans mes réserves d'où j'ai extrait l'impeccable "Camille et les grands hommes" d'Alexandre Vialatte, descendu en peu de temps et le non moins excellent "Big Sur ou les oranges de Jérome Bosch" dans lequel Henry Miller me donne, ces jours ci, à lire son profond humanisme et son amour pour la peinture que je n'avais pas encore lu de sa main. La prochaine fête est dans un mois, je serai sans doute dans l'Hexagone quand ici seront célébrées "les semaines".

Ps: Les photographies sont de Bianca, ce billet aurait du être posté il y a plus d'une semaine, mais diverses raisons m'en ont empéché.

Par MaPomme
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