Ca y est les billets d'avion sont payés, la voiture louée, il ne me reste que le téléphone à recharger, jeudi je serai européen pendant 20 jours. La pluie sous forme d'orages qui, dit on, là bas
sévit, la fraîcheur du soir, pourrais je passer mes journées en short ? Les rencontres qui n'auront pas lieu faute de temps, celles de hasard que j'aurais aimé éviter et celles qui ne dureront pas
assez, où tout n'aura pas été dit. Les questions, la récurrence de celle sur le bonheur, l'ai je trouvé ? Les "c'est pas trop dur ?" aussi, les bombes, la guerre, les attentats, ou bien les
inévitables reproches sur ma présence ici comme un soutient implicite au martyre subit par ceux qui vivent de l'autre coté du mur. Peut être participerai je au débat, peut être le fuirai je , après
tout, suis je engagé qu'à exprimer des idéaux qui de tous cotés ne me rapportent qu'insultes et malédictions, peut être. Comment expliquer que je me soucis plus de repérer l'oiseau qui me donne à
entendre ses trilles dans la palette de couleurs qu'offre l'ilot de végétation qui nous sépare des autres immeubles, plus hauts sur la colline. Je n'ai comme soulte à verser que l'acceptation de
l'amour d'Iris et à découvrir le moyens d'échanger, à distance, celui du père, que je suis, de filles desquelles j'aimerai me montrer digne. Des miens, des amis que l'on abandonne toujours trop
tôt. Starfati ici, de passage en France, poussière que le vent commande et qui sera partie du mortier liant les pierres d'un phare, qu'une vague abattra, qu'un courant sur la plage déposera et qui
un moment jouira du plaisir de chevaucher la perle sueur qui doucement descend l'échancrure du maillot de bain de la starlette gracieuse. Mais, il n'est pas tout de rêvasser, le maché
m'apelle où les marchands sont déjà au fait des friandises qu'ils auront à me fournir...